Introduction
Le bilan carbone des panneaux solaires (ou photovoltaïques) correspond à l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre associées à leur cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication, transport, installation, maintenance et fin de vie. L’objectif de cet article est de vous aider à comprendre ce qui pèse réellement dans l’empreinte carbone d’une installation photovoltaïque, pourquoi les chiffres varient, et comment l’améliorer dans la pratique—sans promettre un résultat unique valable pour tous les projets.
1) Que signifie “bilan carbone” pour des panneaux photovoltaïques ?
Dans le photovoltaïque, on parle souvent d’analyse de cycle de vie (ACV). Elle permet d’évaluer l’empreinte carbone en intégrant toutes les étapes, depuis la production du panneau jusqu’à sa gestion en fin de vie.
Deux façons courantes d’exprimer le résultat :
- En émissions totales (ex. pour un panneau ou pour une installation complète), utile pour comparer des choix de matériaux, de fournisseurs ou de logistique.
- En intensité carbone de l’électricité produite (souvent en “gCO₂e/kWh”), utile pour comparer différentes sources d’électricité. Cette valeur dépend fortement de l’ensoleillement, de la durée de vie réelle, des pertes, etc.
À retenir : le bilan carbone n’est pas qu’une question de “fabrication”. Il dépend aussi de l’usage (production réelle), des composants (onduleur, structure), et des conditions locales.
2) D’où viennent les émissions ? Les principaux postes à connaître
La plus grande part de l’empreinte carbone d’un système photovoltaïque provient en général de la fabrication (énergie utilisée, procédés industriels, purification du silicium, assemblage, etc.). D’autres postes peuvent compter selon les cas.
Les postes les plus fréquents
- Fabrication des modules (cellules, verre, aluminium, encapsulant) : poste souvent majoritaire.
- Électricité du pays de production : un mix électrique plus carboné peut augmenter l’empreinte de fabrication.
- Transport : variable selon les distances et modes de transport.
- Éléments “hors modules” (BOS) : structure de fixation, câbles, protections, et surtout onduleur (qui peut être remplacé une fois sur la vie de l’installation, selon modèles et conditions).
- Fin de vie : collecte, traitement, recyclage (avec des bénéfices potentiels liés à la récupération de matières, selon la méthode de calcul ACV).
Ce qui fait varier le bilan d’un projet à l’autre
- Le rendement du module et les performances réelles (orientation, ombrage, température, pertes).
- La durée de vie effective (panneau, onduleur, maintenance).
- Le lieu d’installation (ensoleillement annuel, climat, inclinaison).
- Le type d’installation (toiture, ombrière, au sol) et la quantité de structure nécessaire.
3) Quels ordres de grandeur peut-on donner (sans surinterpréter) ?
Il existe des publications et bases ACV qui donnent des plages de valeurs pour l’intensité carbone du photovoltaïque. Plutôt que d’afficher un chiffre unique, retenez surtout que :
- Les résultats sont souvent donnés en gCO₂e/kWh, mais ils peuvent varier selon la méthodologie et les hypothèses (durée de vie, lieu, technologie, mix électrique de fabrication, etc.).
- Le photovoltaïque est généralement évalué comme une source d’électricité à faible intensité carbone sur l’ensemble de son cycle de vie, par rapport aux sources fossiles, mais la valeur exacte dépend du projet.
Pour illustrer la variabilité, voici une lecture “qualitative” des facteurs qui font monter ou baisser le résultat.
| Facteur | Tendance | Pourquoi |
|---|---|---|
| Fabrication dans un pays au mix électrique plus carboné | Augmente | La production du silicium et l’assemblage consomment de l’énergie. |
| Installation bien orientée, peu d’ombre, bon dimensionnement | Diminue | Plus d’électricité produite sur la durée → émissions “réparties” sur plus de kWh. |
| Durée de vie réelle longue + maintenance adaptée | Diminue | Amortit l’empreinte de fabrication sur davantage d’années de production. |
| Structure lourde (cas spécifiques, contraintes de site) | Augmente | Plus de matériaux (acier/aluminium) et parfois plus de transport. |