Le stockage virtuel (aussi appelé batterie virtuelle) est une solution qui permet d’optimiser l’usage de votre production photovoltaïque sans installer de batterie physique chez vous. Le principe : plutôt que de stocker l’électricité sur place, vous “mettez de côté” une partie de votre surplus via un mécanisme de crédit géré par un tiers (souvent votre fournisseur/agrégateur), que vous pouvez ensuite utiliser lorsque vos panneaux produisent moins (soir, hiver, jours couverts).
1) Qu’appelle-t-on “stockage virtuel” d’énergie solaire ?
Lorsque votre installation solaire produit plus que ce que vous consommez à l’instant T, le surplus part sur le réseau. Avec une batterie virtuelle, ce surplus n’est pas stocké physiquement dans votre maison : il est comptabilisé sous forme d’unités (souvent des kWh) sur un “compte énergie”.
Plus tard, quand votre consommation dépasse votre production (par exemple le soir), vous pouvez récupérer tout ou partie de ce crédit selon les règles du contrat (plafonds, période de validité, frais, etc.).
2) Le principe de fonctionnement, étape par étape
- Production solaire : vos panneaux produisent de l’électricité en journée.
- Autoconsommation immédiate : votre logement consomme en priorité l’énergie produite sur place.
- Surplus injecté : si vous produisez plus que vous ne consommez, l’excédent est injecté sur le réseau public.
- Comptabilisation en crédit : le surplus injecté est mesuré par le compteur communicant et converti en crédit dans votre espace client (selon les conditions prévues).
- Restitution : quand vous consommez de l’électricité depuis le réseau, votre crédit peut venir compenser une partie des kWh facturés (ou être valorisé selon la formule contractuelle).
En pratique, la “restitution” correspond à une mécanique contractuelle et de facturation, adossée à des mesures réelles d’injection et de soutirage sur le réseau.
3) Batterie virtuelle vs batterie physique : quelles différences ?
| Point de comparaison | Batterie virtuelle | Batterie physique |
|---|---|---|
| Où l’énergie est stockée ? | Pas de stockage chez vous : crédit associé à vos injections | Chez vous, dans un accumulateur (kWh) |
| Maintenance | Pas de maintenance matérielle à domicile | Suivi, vieillissement, remplacement éventuel |
| Rendement / pertes | Dépend des règles de conversion/compensation du contrat (pas de pertes “batterie”, mais modalités variables) | Pertes de charge/décharge (variables selon technologie) |
| Continuité en cas de coupure réseau | En général non (car dépend du réseau) | Possible si installation prévue (onduleur, secours, conformité) |
| Coût | Souvent via abonnement/frais de service (variables) | Investissement initial + éventuelle maintenance |
Le bon choix dépend de vos usages (profil de consommation, objectifs, budget) et de la manière dont l’offre de stockage virtuel est structurée.
4) Que devient votre surplus injecté sur le réseau ?
Une idée fréquente consiste à penser que “vos” kWh vous sont restitués physiquement plus tard. En réalité :
- le surplus injecté est consommé immédiatement quelque part sur le réseau (au même moment) ;
- la batterie virtuelle crée un équivalent comptable (un crédit) que vous utilisez ensuite pour réduire/ajuster votre facture, selon le contrat.
Autrement dit, ce n’est pas un “casier personnel” d’électricité dans le réseau, mais un mécanisme qui s’appuie sur des mesures certifiées (injection/soutirage) et sur des règles de valorisation.
5) Quelles conditions peuvent varier selon les offres ?
Les modalités exactes dépendent des fournisseurs/agrégateurs et des options souscrites. Avant de choisir, vérifiez notamment :
- Le mode de valorisation : crédit en kWh, en euros, ou compensation partielle (ex. énergie seule vs énergie + composantes).
- Les frais : abonnement, frais de gestion, éventuels coûts d’accès au service.
- La durée de validité des crédits : certains contrats prévoient une période limitée.
- Les plafonds : limite de kWh créditables, puissance admissible, règles d’éligibilité.
- Le traitement des taxes et composantes : selon l’offre, tout n’est pas forcément “compensable”.