Est-il rentable d’installer une borne de recharge pour voiture électrique, et en combien de temps ?
La rentabilité d’une borne de recharge (aussi appelée wallbox) dépend moins de « la borne elle-même » que de votre usage : kilomètres parcourus, habitudes de recharge, accès (ou non) à une prise dédiée, prix du kWh, éventuels frais de copropriété, et aides disponibles. On peut néanmoins donner des repères concrets pour estimer un temps de retour — en restant prudent, car les tarifs d’électricité et les coûts de pose varient fortement.
1) De quoi parle-t-on exactement quand on dit « rentable » ?
Installer une borne peut être « rentable » de plusieurs façons :
- Économies directes : recharger chez soi peut coûter moins cher que certaines recharges publiques (surtout en charge rapide).
- Gain de confort : recharge plus simple, plus rapide qu’une prise standard, programmation aux heures creuses, pilotage.
- Recharge plus sûre : circuit dédié, protections adaptées, réduction des risques liés à une prise domestique sollicitée longtemps.
- Valeur d’usage / valorisation du logement : dans certains cas, équipement apprécié à la revente (sans que cela soit garanti).
Le temps d’amortissement est donc une estimation : il compare le coût d’installation (borne + pose + éventuels travaux électriques) aux économies potentielles par rapport à votre solution de recharge actuelle (bornes publiques, recharge au travail, prise existante, etc.).
2) Quels sont les principaux postes de coût ?
Le budget total dépend du logement (maison individuelle vs copropriété), de la distance au tableau électrique, et des options (pilotage, délestage, badge, connectivité). En pratique, les postes sont :
- La borne : puissance (souvent 7,4 kW ou 11 kW), connectée ou non.
- La pose : main-d’œuvre, protections, câblage, réglages, tests.
- Éventuels travaux : tirage de ligne long, perçages, remise aux normes, adaptation du tableau.
- En copropriété : parfois ajout de comptage/gestion, cheminements, ou solutions collectives.
Conseil : demandez un devis détaillé précisant le matériel, la puissance, la longueur de câble incluse, et ce qui est considéré comme « travaux supplémentaires ».
3) Qu’est-ce qui fait varier le temps de retour sur investissement ?
Voici les facteurs qui influencent le plus le délai :
Votre kilométrage et la fréquence de recharge
Plus vous roulez, plus vous rechargez, plus une solution domestique peut remplacer des recharges publiques (parfois plus chères). À l’inverse, un petit rouleur qui recharge déjà au travail à faible coût aura un amortissement plus long.
Le différentiel de prix entre recharge à domicile et recharge alternative
La rentabilité vient souvent de l’écart entre :
- le coût du kWh à domicile (parfois optimisé via heures creuses),
- et le coût du kWh sur les bornes publiques (très variable selon réseau, abonnement, tarification au kWh ou au temps).
Attention : certains réseaux publics peuvent être compétitifs (abonnements, offres locales), tandis que la charge rapide sur autoroute peut être nettement plus chère. Votre « mix » réel est déterminant.
La qualité de l’installation (pilotage, délestage, programmation)
Une borne avec pilotage (programmation, heures creuses, éventuellement délestage) peut réduire la consommation aux heures les plus coûteuses et éviter une hausse inutile de puissance souscrite. Ce sont des gains « indirects » qui peuvent compter selon les foyers.
Les aides et dispositifs disponibles
Selon votre situation (maison, copropriété, logement individuel, entreprise), il peut exister des aides (crédit d’impôt, dispositifs dédiés en copropriété, etc.). Les règles évoluent : vérifiez les conditions en vigueur et les montants applicables au moment du projet, notamment via les ressources officielles et les informations proposées par CEE.
4) Des repères prudents pour estimer l’amortissement
Chaque cas étant unique, voici une méthode simple et raisonnable :
- Estimez votre énergie mensuelle : km/mois × conso (kWh/100 km) ÷ 100.
- Comparez le coût : (kWh × prix à domicile) vs (kWh × prix de votre recharge actuelle).
- Calculez l’économie mensuelle : différence entre les deux.
- Divisez le coût net (installation – aides éventuelles) par l’économie mensuelle.