Introduction
Entre la réforme des aides, l’évolution des critères de performance et le durcissement progressif des obligations liées aux logements énergivores, l’année 2024 marque une étape importante pour la rénovation énergétique. Les règles peuvent varier selon votre situation (maison ou appartement, propriétaire occupant ou bailleur, travaux envisagés, revenus, localisation), et elles évoluent régulièrement. Cette FAQ fait le point sur les principaux changements réglementaires observés en 2024 et sur les réflexes à adopter pour sécuriser votre projet.
1) Un cadre plus exigeant pour les logements énergivores
Depuis 2024, la trajectoire de lutte contre les « passoires énergétiques » se poursuit avec des mesures qui renforcent l’importance du DPE (Diagnostic de performance énergétique) et de la performance globale des logements.
- Location et logements très énergivores : les règles se durcissent progressivement pour les logements les moins performants, avec des restrictions qui s’échelonnent dans le temps. En 2024, certaines interdictions et contraintes deviennent plus concrètes dans la pratique (exigences de décence, attention accrue sur les biens classés très bas).
- Incitation à la rénovation performante : les dispositifs publics et les recommandations techniques favorisent de plus en plus les bouquets de travaux (isolation + ventilation + chauffage) plutôt qu’un seul geste isolé.
À vérifier : votre classe DPE actuelle, la présence d’une ventilation adaptée, l’état de l’isolation (combles, murs, planchers) et la cohérence du système de chauffage.
2) MaPrimeRénov’ en 2024 : recentrage et logique de parcours
En 2024, MaPrimeRénov’ poursuit sa transformation : l’objectif est de mieux orienter les ménages vers des rénovations plus cohérentes et performantes, en distinguant plus clairement les rénovations globales des travaux par geste.
Deux approches à connaître
- Le “parcours accompagné” (rénovation d’ampleur) : il vise des travaux plus structurants, généralement avec audit, plan de travaux et accompagnement. L’accès et les montants peuvent dépendre du gain énergétique visé, du niveau de revenus et du type de travaux.
- Le “parcours par geste” : pour des travaux ciblés (ex. isolation, chauffage, eau chaude), avec des conditions techniques et administratives à respecter (qualification des entreprises, exigences de performance, etc.).
Points de vigilance
- Éligibilité : elle dépend du logement, de votre statut, de vos revenus et des caractéristiques techniques des équipements.
- Règles et barèmes : ils peuvent changer en cours d’année. Avant de signer, vérifiez les conditions officielles à jour.
- Artisans : la mention RGE est souvent indispensable pour bénéficier des aides.
3) DPE, audit énergétique et vente/location : ce qui change dans les démarches
En 2024, le DPE reste un document central et l’audit énergétique prend une place croissante dans les projets, notamment lorsque le logement est très mal classé.
DPE : plus qu’une “simple étiquette”
Le DPE influence :
- la valeur et l’attractivité du bien ;
- certains droits et obligations (notamment en location) ;
- les choix de travaux (priorité à l’isolation et à la ventilation).
Audit énergétique : quand et pourquoi ?
L’audit énergétique est un document plus détaillé qu’un DPE. Il peut être requis dans certaines situations (par exemple lors de la vente de logements très énergivores, selon les règles applicables). Même lorsqu’il n’est pas obligatoire, il est utile pour :
- définir un scénario de travaux cohérent ;
- prioriser les actions (éviter de changer le chauffage avant d’isoler) ;
- réduire le risque d’incompatibilités techniques.
4) Obligations et bonnes pratiques techniques : ventilation, isolation, chauffage
Les textes et recommandations convergent vers une même idée : une rénovation efficace repose sur l’équilibre entre isolation, ventilation et systèmes (chauffage/eau chaude). En 2024, les contrôles et exigences techniques sont souvent plus stricts dans les dossiers d’aides.
Ventilation : un point de plus en plus incontournable
Renforcer l’isolation sans traiter la ventilation peut créer des risques (humidité, moisissures, inconfort). Les projets “cohérents” intègrent souvent :
- une vérification des entrées d’air et extractions ;
- une solution de ventilation adaptée (selon le logement) ;
- une mise en œuvre soignée (étanchéité, équilibrage, entretien).
Chauffage : priorité à la pertinence, pas à l’effet d’annonce
Les évolutions réglementaires et d’aides encouragent des équipements performants, mais le bon choix dépend d’abord du niveau d’isolation et du contexte (climat, surface, émetteurs, réseau électrique, etc.). Un dimensionnement inadapté peut réduire les gains attendus.