Un panneau photovoltaïque est conçu pour produire de l’électricité pendant de nombreuses années. Pour autant, sa « durée de fonctionnement » ne se résume pas à une date de fin nette : la production diminue progressivement, et d’autres éléments de l’installation (onduleur, câblage, fixations) ont leur propre cycle de vie. Voici ce qu’il faut comprendre pour estimer, de façon réaliste, combien de temps fonctionne un panneau photovoltaïque.
1) Durée de vie d’un panneau : de quoi parle-t-on exactement ?
Quand on demande « combien de temps fonctionne un panneau photovoltaïque ? », on peut parler de plusieurs notions différentes :
- Durée de fonctionnement : le panneau produit encore de l’électricité (même si c’est moins qu’au départ).
- Durée de performance : le panneau atteint encore un niveau de production jugé acceptable (souvent exprimé en pourcentage de sa puissance initiale).
- Durée de garantie : période pendant laquelle le fabricant s’engage sur certains critères (produit et/ou performance) selon des conditions précises.
En pratique, un panneau peut continuer à produire au-delà des garanties, mais avec une production qui s’érode avec le temps et qui dépend fortement de la qualité du matériel, de la pose et de l’environnement.
2) Ce qui fait durer (ou non) un panneau photovoltaïque
Un panneau photovoltaïque est un assemblage de couches (cellules, verre, encapsulant, cadre, boîtier de jonction). Sa longévité dépend notamment :
- Qualité de fabrication : matériaux, contrôle qualité, robustesse du cadre, étanchéité du boîtier de jonction.
- Conditions d’exploitation : chaleur, humidité, brouillard salin en bord de mer, poussières, neige, vents.
- Qualité de l’installation : ventilation sous panneaux, fixation, passages de câbles, protection électrique.
- Entretien : un encrassement durable (poussières, pollens, fientes) n’use pas forcément le panneau, mais peut réduire la production et masquer un défaut.
Le panneau est généralement une pièce robuste, mais ce sont souvent les contraintes répétées (variations de température, microfissures, humidité) qui accélèrent le vieillissement.
3) La baisse progressive de production : un fonctionnement « dégradé » mais normal
Un panneau photovoltaïque ne s’arrête généralement pas du jour au lendemain : sa puissance baisse progressivement. On parle de dégradation ou de perte de rendement au fil du temps.
Cette dégradation peut être influencée par :
- les cycles chaud/froid et l’exposition UV ;
- l’humidité et les défauts d’étanchéité ;
- les microfissures (suite à des contraintes mécaniques : grêle, manutention, dilatations) ;
- les points chauds (hot spots) liés à l’ombrage, à des cellules fragilisées ou à des connexions défectueuses.
À retenir : un panneau peut « fonctionner » longtemps, mais la question importante est souvent « à quel niveau de production ? ».
4) Garanties : ce qu’elles couvrent et ce qu’elles ne disent pas
Les fabricants proposent généralement deux types de garanties (les termes exacts varient selon les marques et les contrats) :
- Garantie produit : couvre certains défauts de fabrication ou de matériaux pendant une durée donnée.
- Garantie de performance : indique un niveau de puissance minimal après un certain nombre d’années (par exemple un pourcentage de la puissance initiale), selon des conditions de mesure standardisées.
Prudence : une garantie n’est pas une promesse universelle de production réelle. La production dépend aussi de l’orientation, de l’ensoleillement local, de l’ombrage, de la température, de l’encrassement et du bon fonctionnement des autres composants.
5) Ne pas confondre panneau et composants : onduleur, micro-onduleurs, batterie
Quand on parle de « combien de temps fonctionne une installation photovoltaïque », il faut distinguer :
- Panneaux : souvent les éléments les plus durables, avec une baisse progressive de performance.
- Onduleur central (si présent) : pièce électronique sollicitée, dont la durée de service peut être plus courte que celle des panneaux selon l’usage et la qualité.
- Micro-onduleurs (si présents) : multipliés par panneau, ils facilitent le suivi et la gestion de l’ombrage, mais restent des équipements électroniques.
- Batterie (si présente) : sa durée de vie dépend fortement des cycles de charge/décharge, de la température et du dimensionnement.
Autrement dit : une installation peut continuer à produire longtemps, mais des remplacements ciblés (souvent l’onduleur, parfois des connecteurs ou protections) peuvent être nécessaires au cours de la vie du système.